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Le Grand Comptoir
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La situation
Le décor
L'atmosphère
Pour un peu, on croirait voir défiler les images d'un temps révolu : celles d'élégantes aux belles toilettes escortées par des dandys gominés… Depuis 2005 en effet, un doux parfum d'Années Folles flotte à nouveau dans la plus emblématique avenue de la capitale. Et si les temps ont bien changé, l'illusion est parfaite, qui donne au Grand Comptoir l'allure d'une brasserie au chic typiquement parisien. Lorsque
les frères Lechartier, jeunes descendants d'une famille française installée depuis des générations à Rabat, décident en 2002 de transformer le rez-de-chaussée de l’un des immeubles appartenant à leur grand-père – fondateur, entre autres, de l'hôtel Balima tout proche – en restaurant d'époque, ils feront appel à des architectes décorateurs à qui il ne faudra pas moins de trois années pour rendre leur copie. Le résultat est là, sidérant. À tel point qu'on y tournera la dernière scène du film de Ridley Scott, « Mensonges d'État », avec Léonardo DiCaprio et Russel Crowe. Excepté les volumes et le garde-corps du grand escalier heureusement conservés, l'ensemble, de la partie café-comptoir jusqu'à la salle côté brasserie, a été imaginé en respectant jusque dans les moindres détails les codes de la période Art déco. Dans ce théâtre se rejouent tout au long de la journée les scènes d'un quotidien pittoresque : café-croissant matinal, p'tit blanc comptoir de
11 h, déjeuners d'affaires, thé de 17 h, dîners concerts… le tout, desservi par un personnel irréprochable vêtu de tabliers d'un blanc immaculé. En cuisine, Cédric d'Ambrosio, formé à l'école hôtelière de Nice, ancien chef exécutif de la famille Ricard, notamment passé par le Louis XV de Monaco et la Réserve de Beaulieu, a conçu une carte conforme à l'esprit des lieux : entre beaux poissons et viandes d'origine, les spécialités régionales y figurent en bonne place : tripes à la mode de Caen, coq au vin comme chez grand-maman, vraie bouillabaisse de Marseille, cassoulet de Toulouse… À noter, les huîtres de Dakhla dont le calibre est aussi petit que les coquilles sont pleines et savoureuses. Enfin, à l'étage, le
« Lao » lounge-bar, mis en scène par le designer Sébastien Manni et animé par DJ Amin, sera le lieu tout indiqué pour commencer la soirée ou prolonger la nuit.
Le Grand Comptoir
279 avenue Mohammed V.
Tél. + 212 (0) 5 37 20 15 14.
Fax : + 212 (0) 5 37 70 73 22.
Web : www.legrandcomptoir.ma
Mail : info@legrandcomptoir.ma
Tous les jours de 9 h à 1 h, non-stop. Service côté brasserie, de 12 h à 15 h et de 19 h à 23 h 30. Groupe live pendant le dîner, du mercredi au samedi. Carte des vins et alcools.
À la carte, compter 250 Dh (hors boissons). Commande de spécialités : 24 h à l'avance (pour 2 minimum, 150 Dh par personne, hors boissons). « Lao » lounge-bar, tous les soirs de 18 h à 1 h 30, cocktails et tapas.
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La Cour des Lions
Les plus
Les produits bio de la ferme
Une vue exceptionnelle
Un service irréprochable
Temple du luxe et du raffinement, l'hôtel Es Saadi, qui il y a peu s'est vu pousser des ailes avec l'ouverture de son Palace, jouit depuis un demi-siècle d'une réputation à la hauteur de son architecture et de sa décoration, symboles d'un métissage culturel réussi. L'ensemble, qui se déploie sur les huit hectares d'un parc planté d'arbres centenaires, écrin d'une piscine de 2 400 m2, abrite au dernier étage du Palace La Cour des Lions, certainement le plus « gastronomique » des sept restaurants que compte le Saadi. Le somptueux décor arabo-andalou de sa vaste salle – colonnes de pierre et de plâtre sculpté d'un blanc immaculé – semble, bien au-delà des baies vitrées et des terrasses, se prolonger à l'infini jusqu'au pied des montagnes du Haut Atlas. C'est donc confortablement assis et servi par un personnel en tout point irréprochable que vient le temps, accompagné par la musique d'un joueur du luth, d'aller à l'essentiel. Aux commandes de cette ambassade gourmande, Sébastien Bontour, chef français de haut vol, ancien élève des Frères Pourcel, propose deux remarquables formules dégustation. L'une, traditionnelle, est inspirée des recettes de Lalla Keltoum. L'autre, dite créative, laisse à l'artiste la liberté d'interpréter à sa façon, selon son humeur et le marché du jour, une cuisine marocaine parfois mâtinée de touches exotiques. Son credo ? Recherche créative et goût du risque. Sa botte secrète ? La ferme familiale du Saadi, située dans la proche vallée de l'Ourika, qui le pourvoit en produits authentiquement bio. Ce soir-là, son talent s'est exprimé, du côté de la tradition, par une « déclinaison de feuilles de pastillas », suivie d'un « tajine de poulet aux citrons confits infusés aux pistils de safran » et d'une pastilla au lait et à la fleur d'oranger ; du côté créatif, par des « Saint-Jacques et des gambas snackées à la fleur de sel », accompagnées d'un zaalouk aux graines de sésame, d'une salsa de lentilles, et d'un m'hancha à la confiture de tomate et bœuf séché. Quant au « homard rôti à l'huile parfumée », il a précédé un tout savoureux « cappuccino aux épices », point d'orgue d'une démonstration magistrale bien conduite.
Enfin, puisqu'il n’y a pas de bonne chronique gastronomique sans critique, regrettons l'absence de verres à vin dignes de ce nom.
La Cour des Lions
Palace Es Saadi, rue Ibrahim El Mazini, Hivernage, Marrakech.
Tél. + 212 (0) 5 24 44 88 11.
Web : www.essaadi.com
Tous les soirs à partir de 19 h 30. Grande carte des vins et alcools. Menus dégustation : le traditionnel marocain à 550 Dh,
le créatif à 650 Dh (hors boissons).
À la carte, compter 450 Dh (hors boissons). Certaines spécialités marocaines, comme la véritable tanjia marrakchia, sont à commander la veille. Réservation recommandée pour la terrasse. Parking gardé. Ascenseur. Ne pas oublier que le Es Saadi possède également une discothèque,
« Le Theatro » et un casino.
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Texte : Jean Lahgœzi
Photos : Marie Rodier |
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